Avez-vous déjà eu un cas où un graphiste vous présente une magnifique maquette pour un site web, mais que l’intégration finale ne corresponde pas à cette maquette ?
Les développeurs sont si nuls que ça ? Pas si sûr, et c’est l’objet de l’article d’aujourd’hui, qui va tenter de donner des clés de compréhension du pourquoi les sites finaux ne sont pas toujours fidèles à la maquette.
Le webdesigner, le créatif
Généralement, le webdesigner a pour but de faire quelque chose de très esthétique et d’unique pour son client en prenant en compte les spécificités demandées, mais se soucie assez peu de la partie technique.
J’ai évidemment simplifié au maximum le processus de création puisque dans les plus gros projets, d’autres intervenants agissent en amont, comme un UX designer assorti de prototypages à minima qui servent d’ossature pour la maquette. Mais la majorité des sites réalisés le sont par des agences modestes qui travaillent avec les acteurs locaux qui n’ont pas forcément un besoin digne des plus grandes multinationales, ne nécessitant pas ce genre de compétences.
Le webdesigner est donc souvent seul à décider de la composition de la maquette, des éléments, des états, de l’UX, etc. C’est cette maquette qui sera envoyée au client et qui servira de référence pour développer le site internet.
Le développeur, le technicien
Le développeur a à sa disposition des outils qui lui permettent de coder et d’intégrer une maquette, tout en respectant certaines contraintes dites « techniques » où tout ne sera pas « possible ». Je mets bien « possible » entre guillemets, car dans l’absolu tout est possible, mais le temps passé et la recherche font que le budget alloué n’est plus le même.
Développeur, c’est également être généralement spécialisé sur un langage, en connaître bien quelques-uns, et connaître les bases de plusieurs autres. Une sorte de pyramide des langages. Et je ne pense pas devoir vous convaincre que personne ne peut être spécialiste de tous les sujets à moins d’être médiocre dans tous. Par conséquent le développeur va être « restreint » par son langage de prédilection sur un projet donné.
S’ajoute à cela l’accessibilité, mais également le fonctionnement sur mobile (responsive).
En définitive le travail du développeur, c’est de voir une maquette, faire un découpage mental de tous les éléments, imaginer comment les intégrer, choisir les outils nécessaires, développer les fonctionnalités, et intégrer au mieux tous les éléments graphiques pour correspondre à la maquette. Le designer imagine le projet, le développeur lui donne vie. Et encore une fois, ceci dans le cadre d’une agence modeste, où le développeur va avoir également plusieurs casquettes.
Le soucis du décalage entre les deux professions
Une image (ou plutôt une vidéo) vaut mille mots, donc je vous laisse regarder celle ci qui est certes marrante mais qui n’est pas si éloignée de la réalité :
Le problème qui se pose assez fréquemment est le manque de connaissances (légitime) du graphiste sur l’aspect technique et du temps nécessaire pour réaliser des composants qui semblent anodins. Ce manque de connaissance technique peut aussi se manifester dans les exemples proposés par les graphistes qui font intervenir un milliard de nouveaux framework qui d’une part pourront ne pas être connus par le développeur ce qui signifie apprentissage, mais qui vont aussi venir alourdir le projet global.
Et là, une question se pose : est-ce que c’est pertinent d’intégrer tout ceci ? Selon le projet et la récurrence du besoin peut-être, sinon il sera plus sage de les éviter. Une autre source d’incompréhension vient des dimensions, quand une maquette est une image « fixe », un site fais s’imbriquer plusieurs éléments dont les positions et tailles dépendant généralement de la taille de l’écran.
Et de l’autre côté du prisme il y a le développeur qui lui aussi peut s’enfermer dans sa bulle de connaissance et rejeter en bloc tout ce qui n’est pas dans son état des connaissances actuel et dire que tel ou telle chose n’est pas possible. Peut-être que ça ne l’était peut être pas il y a quelques temps, mais les langages évoluent et font que tout devient possible, mais il faut continuellement se former.
Et c’est là qu’on trouve l’origine du problème : Le manque d’échange pendant la phase de maquettage.
Mais alors est-on condamné à contempler de belles maquettes et avoir des sites au rabais ?
Le produit final, un composé des deux talents.
Il va de soi que le but n’est pas d’opposer deux métiers, mais plutôt de les rapprocher.
Un projet qui fonctionne est un projet qui a su trouver une identité unique grâce au graphiste et dont le développeur a réussi à intégrer les éléments proprement.
C’est pour cela que pendant la phase de conception graphique, il est plus que bon d’échanger avec vos techniciens afin d’avoir une approche plus terre-à-terre, et être sûr également que vos demandes pourront être respectées.
Tout comme les techniciens ne doivent pas fermer la porte directement, car cela paraît compliqué à mettre en place de prime abord. Il y a peut être des choses qui permettent d’y arriver plus simplement qu’il n’y paraît. Et il faudra réussir à trouver ce juste milieu qui permettra d’avoir un site identique à la maquette.